Les Utopies Concretes - Articles et expériences




Une société qui va vers l’impasse.

mercredi 28 novembre 2001, par Emmanuel J. Duits


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La société résulte des libres décisions humaines ; alors, compte tenu de notre responsabilité, quel monde voulons-nous créer ? L’utopie, c’est dessiner et projeter dans un futur réalisable nos désirs. Il ne s’agit pas de déterminer une économie un peu plus juste, ou une augmentation un peu plus grande de la consommation et autres objectifs étriqués ; il s’agit de nous donner un projet collectif qui ait du sens – pour concilier le plaisir de vivre, les libertés individuelles, sans négliger les solidarités sociales et mondiales...

Pour ce faire, nous avancerons quelques critiques sur la viabilité du « projet » collectif actuel, puis nous esquisserons ce que pourrait être une société souhaitable. Inutile de dire que nous rêvons tout haut, mais que seuls les rêves sont réalistes dans un monde qui va vers sa destruction, avec ses capitaines somnambules qui conduisent un bateau îvre au gré des tempêtes aveugles de l’économie marchande.

1) Une société qui va vers l’impasse

Voilà une pensée qui n’osait guère s’exprimer, il y a encore quelques années : notre société va vers le gouffre. Quelques écologistes « ringards » et autres illuminés semblaient douter des bienfaits de la civilisation, du nucléaire et des fast-foods. Aujourd’hui, chaque jour amène de nouvelles confirmations à ces Cassandres discrets et méprisés. On pourrait citer le problème des déchets atomiques, les OGM, le prion, la pollution des airs et des eaux, la diminution rapide des poissons, etc. On peut bien sûr continuer « comme si de rien n’était ». Faire des affaires, consommer, aller au ciné et « faire de l’art ». Plusieurs signaux s’allument, les feux se rapprochent, mais tant que notre maison ne brûle pas, pourquoi s’inquiéter ? De plus, de vagues espoirs sont sans cesse réveillés par la propagande : le chômage « baisse constamment » depuis quelques mois. La vie « s’améliore ». La propagande médiatique tente de nous faire croire que la crise profonde et irrémédiable du modèle productiviste et capitaliste est passée. Les indicateurs économiques reprendraient, les Français seraient « heureux ». Sincèrement, n’avez-vous pas honte, messieurs les médiacrates, de dispenser jour après jour ces mots d’ordre ? On voit au contraire la bulle libérale risquer d’éclater aux USA ; en France, chaque jour la vie devient plus difficile : le temps de travail diminue (peut-être), mais les heures passées en transport augmentent ! On parle de 35 heures, je vois autour de moi des gens réduits à des emplois précaires, des petits cadres qui partent de leur HLM de banlieue à 7h. du mat’ pour revenir à 19h30 le soir… Alors, pour tenir, les gens marchent aux neuroleptiques. Et malgré toutes les améliorations que l’on voudra, on voit toujours autant de SDF dans les rues, de mendiants dans les métros, et notre gouvernement « de gauche » n’a toujours pas lancé un vaste programme de logement social, ni réquisitionné les logements vides. Un scandale qui dure depuis des décennies, on traite de façon inhumaine les SDF mais on se gargarise d’indignation morale contre les pétainistes d’antan, alors qu’on ne vaut guère mieux (moralement parlant), vu notre manque de réaction et de solidarité humaine ! C’est risible, et l’histoire jugera sévèrement notre comportement moral… Alors, l’amélioration tant vantée ? On nous dit que la qualité des soins baissera nécessairement, nous vivrons de plus en plus vieux et finiront dans des « asiles » pour le moins inquiétants. Quant à la nourriture ou à l’école, s’améliorent-elles ? Que nenni ! Où donc va-t-on alimenter les discours triomphalistes sur la bonne santé de l’économie, la « reprise » ? A quoi servent ces fameux indicateurs économiques, qui laissent échapper l’essentiel ? De fait, les suicides augmentent. On nous parle des « incivilités » ; ne s’agit-il pas plutôt d’un inquiétant symptôme de barbarie ? Cette violence urbaine (qu’elle soit sur-estimée, c’est possible, mais elle se constate tous les jours) montre la difficulté d’une jeunesse qui n’a pour références que les « valeurs » archaïques (la tribu, le clan, la religion de type totalitaire et régressif) ou bien la consommation aveugle, le néolibéralisme vide de sens… Franchement, entre le retour aux valeurs du type islam intégriste, « village » etc., ou la fuite dans l’individualisme consumériste, il y a bien de quoi être désespéré !

Plus globalement, c’est le système économique mondial qui risque bien d’aller vers son implosion. Notamment par une succession de crises écologiques majeures et l’extension inéluctable du chômage.

Remarques de Schumacher dans Small is Beautifull sur l’échec des USA. Prob. du tiers-monde. Guerres, immigrations massives (cf. déséquilibre des populations. Géopolitique du Chaos : Ramonet. Etc.).

2 – Pourquoi nous ne voudrions pas de cette société même si elle pouvait marcher ?

Maintenant, supposons que cette société n’aille pas vers la désorganisation totale. Supposons qu’elle réussisse à continuer telle que. On verra alors des SDF dans les rues, des « affaires », le cumul des pouvoirs entre les mains de quelques-uns, et nous serons obligés de continuer à travailler… Est-ce un modèle souhaitable ? Ne peut-on désirer autre chose ? J’aimerais ne pas m’interdire de rêver ni de désirer. Je ne rêve pas à gagner au loto, ni à posséder une maison avec piscine. Cela ne me comblera pas. C’est là le point essentiel : je sais déjà que la société telle qu’elle existe, ou sa sœur jumelle, ne me comblera pas. Je suis utopiste en ce que j’espère mieux. Je suis réaliste en ce que je sais combien les fols espoirs ont causés de crimes et de réveils douloureux. Je ne veux pas (seulement) rêver debout. C’est l’idéal de cette société qui pose problème : il implique de privilégier le travail, de croire aux buts factices poursuivis par les saintes entreprises, auxquelles chacun devrait sacrifier ses forces vives, sa créativité, son temps. manque de temps et de beauté, rapports de force, compétition etc.  maladies psychiques et physiques, villes, tensions… C’est une société qui poursuit une course illusoire et détruit ce qui est essentiel (Perte de sens, déshumanisation, critique opérée par l’Ecole de Francfort).

(Prob. de la passivité. Répondre à ceux qui disent « Après nous, le déluge ! » ou encore : « On ne peut rien faire… »).

Face à cette désaffection, plusieurs solutions types sont proposées :

3 – Les solutions classiques :
- Le salut par l’avancée technologique
- Le retour aux traditions, régions, clans etc.
- La révolution violente, les modèles passés d’extrême-gauche
- La réforme (des changements positifs mais partiels)

Limites de chacune de ces approches.
Nécessité d’une révolution globale. Mais ce qui décourage la plupart des gens, c’est le risque de l’utopie totalitaire (« l’homme nouveau » du communisme, du nazisme etc. – il ne s’agit pas ici de « comparer » communisme et nazisme). Ils préfèrent rester dans ce système que de tenter un changement radical, qui fait peur.
Comment éviter les dérives totalitaires ? La non-violence, la démocratie directe, garder une image positive des « adversaires » (Socrate : Nul n’est méchant volontairement).

4 – Les principes d’une solution globale
La société que nous voulons : description d’un monde utopique.
(Sensualité, liberté, développement de la conscience… technologie, beauté, écologie…)

5 – Les applications concrètes (cf. Guide des Alternatives)
Exemple par domaines : naître, croître, travailler, etc. Idée d’une pluralité de voies. De nombreux villages, des régions gouvernées de différentes façons, etc.  constellation utopique, et non réplication d’un modèle unique.

6 – Les modes d’actions pour un passage vers une société différente…

Petit historique : émergence de nouvelles formes d’actions collectives (sur internet ; les associations qui combinent « action politique » et « transformation intérieure »…). Points intéressants de ces nouvelles formes.
Que manque-t-il à ces actions pour aboutir à un changement visible ? Comment décloisonner ces actions ? Réseaux, SEL, monnaies alternatives, banques des pauvres, boycotts, écoles nouvelles, travellers, TAZ, internet, squatters, grève des impôts…

7 – Objectifs des Utopies concrètes
Ne pas se substituer aux nouvelles associations (de type ATTAC etc.) mais proposer une vision globale de la société à naître, et non des réformes partielles. Pousser jusqu’au bout la logique de création d’une société alternative globale (dépasser les revendications parcellaires et articuler les actions dans une vision d’ensemble).
Question : Que pourrait proposer le Mouvement ? Qu’invite-t-il à faire ? Réponses : Le Festival etc. Mais aussi des ateliers de réflexion, et le soutien à quelques actions (par ex. la création de « laboratoires de vie » comme des écovillages, ou des entreprises différentes, des écoles etc.).

Le Mouvement pourrait aussi proposer une aide concrète pour transformer sa vie : au niveau des comportements quotidiens (manger bio, cesser de fumer, consommer de façon équitable, etc.) ; en découvrant des engagements collectifs positifs et adaptés à ses désirs ; en créant de nouvelles relations (développement personnel, espaces d’échanges libres et sans censure etc.).

Auteur(s)
Emmanuel J. Duits
Les Utopies Concrètes

Instigateur des Utopies Concrètes



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